Crise : Opportunité de changement?

Crise : Opportunité de changement?

Nous vivons aujourd’hui une crise sanitaire majeure digne des grandes épidémies historiques, elle est en train d’engendrer une crise économique qui secoue le monde entier.

Nous sommes encore, et ce depuis plusieurs décennies, dans une crise climatique, qui engendre elle aussi une crise de confiance et une crise migratoire.

Issu du grec « krisis » qui signifie séparer, distinguer, étymologiquement le sens du mot crise est : décider, faire un choix, même s’il est plutôt utilisé aujourd’hui pour désigner une période de difficultés.

Elle désigne une période de tension qui met souvent en évidence un dysfonctionnement, un déséquilibre dans la nature d’un système. La crise actuelle révèle dramatiquement les failles du système dans lequel nous vivons au niveau planétaire. Elle révèle la fragilité des modèles économiques sur lesquels reposent les politiques depuis déjà de très nombreuses années.

Lorsqu’elle intervient, la crise est une situation où les principes sur lesquels repose une activité sont remis en cause. Dans ce cas, toutes les activités sont remises en cause.

C’est bien ce que nous vivons aujourd’hui dans tous les domaines décrits plus haut.

Peut-on espérer que la remise en cause soit suffisamment profonde pour que la prise de conscience que les modèles à partir desquels nous sommes dirigés, gouvernés, sont obsolètes et mortifères devienne collective ?

Bien que les crises passées n’aient pas provoqué de changements qui auraient permis d’améliorer significativement les choses, peut-on espérer que cette crise qui met en évidence les failles du système dans lequel nous vivons puisse être vécue comme un signal de changement nécessaire?

L’argent qui s’est trouvé par magie disponible pourrait-il lorsque la crise sera passée, aussi être investi dans la transition énergétique et le rééquilibrage écologique du monde dans lequel nous vivons tous, au bénéfice de l’Humain et de sa santé? 

Allons-nous tous à la fin de cette crise reprendre le cours de la vie comme si rien ne s’était passé? Comme si les failles du système n’avaient pas existé? Comme si l’humain n’était qu’une variable dans une équation mathématique dont le résultat doit toujours être positif au profit d’un nombre restreint? Comme s’il était normal que ceux qui soignent les autres, bien souvent avec dévotion et presque toujours dans des situations qui se sont considérablement dégradées ces dernières années, soient envoyés au front comme les soldats de 1870.

Ou bien pouvons-nous espérer un élan de solidarité encore plus fort et une prise de conscience que la vie n’a pas de prix, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas de valeur, et par conséquent que la santé n’est pas gérable par les marchés financiers?

Martin Luther King disait : « J’ai fait un rêve! ». Je fais aujourd’hui le rêve d’un monde où les soignants peuvent soigner sans que ce soit au péril de leur vie, où les chercheurs consacrent leur temps à chercher autre chose que de l’argent, où l’humain redevient un élément essentiel d’une économie qui repose sur une recherche d’équilibre, où le sens de l’action l’emporte sur la recherche du profit pour le profit.