Petite réflexion sur le confinement et un effet dont on ne parle pas beaucoup : le temps long et la pensée.

Un des effets de ce confinement auquel nous sommes tous contraints par l’apparition du Covid 19 est la redécouverte du temps long. Le temps long, il n’y a pas si longtemps quand on y réfléchit bien, gérait les comportements, les habitudes. Qui n’a pas entendu parler de ces longues soirées d’hiver passées au coin du feu et dont la description a fait l’objet de nombreuses descriptions dans la littérature. Il n’y a pas si longtemps, il fallait plusieurs jours pour rejoindre Nice de Paris. C’était une autre époque, était-elle meilleure ou moins bonne ? Là n’est pas le sujet de ce billet.

La Tyrannie du temps moderne.

Nous vivons depuis plusieurs décennies dans un monde où le temps est devenu une valeur marchande (transactions financières à la microseconde, disponibilité immédiate d’à peu près n’importe quel produit). Cet état de fait est devenu en quelque temps (quelques secondes au regard du temps long) une façon de vivre. Tout doit être immédiatement disponible. Tout désir doit pouvoir être immédiatement satisfait. Tout doit être chaque jour moins cher, disqualifiant ainsi la valeur du travail nécessaire à la production.

Cette pandémie, par l’arrêt brutal du fonctionnement des structures sur lesquelles repose ce système, et le confinement qu’elle impose, nous oblige donc à redécouvrir le temps long. Avec le temps long on redécouvre par la même occasion l’ennui, le besoin relationnel, le besoin de bouger, de sortir, de partager etc….

Sens et responsabilité

Les gens s’interrogent sur demain, reprennent conscience de l’importance de la santé, de l’impact de l’environnement sur la santé. La question du sens devient de plus en plus présente dans les discussions. Et avec la question du sens arrive celle de la responsabilité, celle de chacun, celle de tous, celle des choix.

L’espace nécessaire à la réflexion

Le temps long offre l’espace nécessaire à la réflexion, à l’émergence de la pensée créatrice, de la pensée critique, constructive. L’une des caractéristiques de l’être humain, c’est de penser et de pouvoir agir sur son environnement pour le rendre plus sûr, plus agréable.

Redécouvrir le plaisir du temps long et de l’espace qu’il donne pour retrouver la respiration nécessaire à une vie porteuse de sens, à une réintégration de la pensée dans le quotidien est-il un objectif inatteignable ?

Puisse ce moment que nous vivons nous faire tous réfléchir à cette possibilité et faire évoluer les comportements pour inventer un autre avenir.

En conclusion

En conclusion, me revient une remarque entendue il y a quelques années dans la bouche d’un Africain à qui un Américain demandait de faire plus vite, parce qu’il était pressé et que « Time is money ». L’Africain répondit : « Vous avez l’argent, nous avons le temps ! ».

 

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